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Lyra Nhay | Danser pour oublier.

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Mar 31 Juil 2018 - 17:16




Salut ! Je m'appelle Lyra Nhay mais tu peux m'appeler Lily, ce n'est pas un problème. Je suis une femme et j'ai vingt-deux ans. Pour ne rien vous cacher je suis mariée et bisexuelle. J'exerce actuellement le métier de danseuse et on me dit souvent que je ressemble à Luka Megurine de Vocalois. Je suis une habitante !



« Quand j'fais nuit blanche avec mes cauchemar y a qu'mes rêves qui s'endorment »


Plus d'infos

But : S'enfuir loin, là où son mari ne pourra jamais la retrouver.
Rêve : Danser jusqu'à en perdre la tête, danser sans jamais s'arrêter
Peur : Rester coincée avec son mari pour le restant de ses jours
Famille : Liam, son frère, encore vivant. Pierre, son père, disparu depuis deux ans. Eugénie, sa mère, morte depuis deux ans. Kyle, son mari depuis sept ans.
Autre : /


Caractère

Ici en 8 lignes minimum.


Histoire

Debout face à la foule, elle fixe l’horizon le regard perdu dans le vide. Le silence fait rage dans sa tête alors qu’elle cherche une chanson à laquelle se raccrocher, une dernière chanson avant de retourner en enfer. Une dernière chanson de son enfance avant de devoir s’écraser contre le sol sans grâce, aucune. La mélodie lui revient et un faible sourire étire ses lèvres douloureuses. Le rouge qu’elle a posé sur celles-ci irrite la blessure cachée, une blessure que le monde ne verra jamais. Encore une. Elle a arrêté de compter. Elle ferme les yeux un instant lorsqu’elle constate que les badauds de font plus nombreux et prend une grande inspiration. Elle a de l’espace dans cette grande rue. Il fait trop chaud alors peu de personnes sortent à cette heure-là. La jeune femme, elle, préfère cette chaleur à celle, étouffante, de ce qu’elle aurait dû appeler son foyer.

Elle s’élance, première impulsion. Un sourire éclatant sur le visage, ses bras fusent dans l’air puis se sépare, elle s’incline en une courbette avant qui se transforme en une roulage rappelant ses premières années. Ces années qui lui manquent tant, quand l’insouciance était encore reine. Elle se souvenait encore du sourire de sa mère de celui, plus éclatant encore, de son frère qui ne cessait de se chamailler avec elle parce qu’elle lui piquait toujours ses chevaliers de bois. Oh qu’est-ce qu’elle avait joué avec eux ! Elle les lui prenait tout le temps, s’inventait des histoires plus merveilleuses les unes que les autres avant que son frère ne la trouve cachée sous l’escalier pour échapper à ses foudres. Sa famille n’avait jamais été très riche mais ils n’avaient pas été pauvres non plus. C’était leur père qui fabriquait les chevaliers de bois du plus vieux. Ce bon vieux père qui dirigeait la famille avec un sourire en coin et un regard bienveillant. Si elle avait su. Si elle avait su qu’en construisant des meubles, c’était sa propre raison qui s’effritait. Mais personne n’avait rien vu. Même pas Lyra. Même pas Liam. Même pas Eugénie. Personne.

Lyra se relève à moitié de sa roulade puis retombe bras droit tendu vers le ciel. Elle a appris à tomber, avec le temps. Elle rampe brièvement puis se relève, le visage empli d’un désespoir qu’une grimace essaie de camoufler d’un sourire. Tourments, encore plus de tourments. Ce que l’on n’avait pas vu venir, ce qui était caché sous un sourire. Et ses lèvres qui s’étirent pour de bon sous les yeux du public qui semble fasciné par son enchaînement. Si seulement ils savaient. Si seulement ils voyaient. Puis c’est la chute, elle se laisse tomber en plein sur le dos, tête contre le sol. Une chute qui peut paraître dure d’un oeil extérieure mais elle a appris à tomber. Ce n’est pas sa première danse. Elle se souvenait encore de ce jour-là quand elle a croisé cette femme qui se mouvait dans la rue. Une femme à la peau métisse et aux yeux d’un bleu aussi turquoise que l’océan, une femme qui lui avait semblé presque irréelle tant ses mouvements étaient fluides, tant ses vêtements d’un rouge et or éclatants dansaient avec elle. Elle avait été subjuguée par cette beauté qui lui avait paru à la fois si simple et pourtant si complexe. Elle avait voulu faire de la danse immédiatement après ce merveilleux spectacle. Son père n’avait pas voulu, au départ. Il voulait d’une fille manuelle qui pourrait aider son frère à reprendre l’entreprise familiale. Mais Eugénie avait été d’accord et avait fini par raisonner son mari. Peut-être était-ce une bonne chose. Elle avait appris à tomber. Avec la danse. Sous les coups. Quelle différence ?

Elle relève le genou gauche, le repousse avec une violence feinte, il remonte. Lutte. Lutte acharnée qui se traduit par un mouvement d’épaule frénétique comme si une force invisible l’enchaînait au sol. Elle se relève brusquement, fixe un point devant elle, tend le bras se redresse presque aussitôt comme agitée d’un spasme, fait trois pas lents en avant, comme si la simple tâche de marcher était devenue plus difficile encore. Sur chaque bras, elle fait courir ses doigts en rythme avec la musique qui résonne dans sa tête, ses mains rampent sur son cou pour finir par lui couvrir la bouche. Regard terrifié qu’il n’est pas difficile de feindre, la main droite qui tire sa tête vers la gauche puis l’autre qui fait l’inverse sur huit temps, cri muet, les mains qui s’écartent brusquement. Lyra feint l’essoufflement pourtant son coeur bat la chamade alors que les larmes lui montent aux yeux. Elle ne danse pas. Elle exprime son histoire. Les souvenirs remontent. Cette époque où les disputes se multipliaient, elle ne devait avoir qu’une douzaine d’années. Elle ne le savait pas alors mais son père était devenu accroc. Accroc au jeu, à cette sensation de suspense avant que les résultats ne soient dévoilés aux joueurs, l’angoisse de tout perdre et l’espoir de tout rafler. Oui, Pierre était devenu accroc. Il y passait son temps et les disputes étaient plus fréquentes que les mots doux. Et Lyra elle, n’avait le droit de rien dire. Liam lui intimait de se taire, de ne rien faire, lui disait que ça allait passer et lui non plus, n’ouvrait pas la bouche. Trop jeunes pour comprendre. Trop lâches pour s’interposer. Trop aveugles pour anticiper la suite. Mais la parole avait fini par se libérer, oui. Pour le meilleur et surtout pour le pire.

Ses pieds seuls se tendent en pointe pour lui permettre de se relever d’un mouvement souple. Elle tourne plusieurs fois sur elle-même, le sol est glissant sous ses pieds nus alors forcément, ce n’est pas bien compliqué. Elle enchaîne les tours sur elle-même et entend une fillette pousser une exclamation ravie alors que ses bras auparavant au-dessus de sa tête partent sur les côtés et qu’elle se stoppe en même temps. Oui c’est ça, les souvenirs sont toujours là. Elle était perdue, perdue et pourtant elle avait aimé cette période, elle avait apprécié chaque seconde et pourtant. La fin. La gifle finale de la belle histoire. Son épaule gauche part violemment en arrière alors qu’elle porte la main à son coeur, le regard interrogateur et apeuré dirigé vers le ciel. Pourquoi ? Quinze ans c’est quoi ? C’est le premier amour, les premières grosses conneries, les premiers vrais rires qui fusent vers le ciel avec un sentiment inédit qui réchauffe le coeur. Pour Lyra ce n’était rien de tout ça. Alors oui elle riait et elle souriait parce que malgré toutes les galères, cette époque était heureuse. La danse lui avait forgé un corps robuste et musclé même si elle n’avait pas la carrure de son frère de cinq ans son aîné. Alors elle s’était mise à l’aider à l’atelier, à fabriquer ces meubles qui ne se vendaient plus, ces meubles qu’elle allait parfois donner avec Liam aux plus pauvres. Il ne fallait pas que ça s’entasse sinon le paternel ne serait pas content. Mais lui ne s’occupait de rien, passait ses journées dehors. Eugénie était malade. Malade de chagrin, malade de perdre son mari pour le jeu, malade de cette vie où l’argent devenait une source de moins en moins sûre. Bientôt, ils allaient devoir vendre la maison. Mais Pierre avait dit de ne pas s’inquiéter. Il avait cet ami, cet ami qui savait gérer les finances, qui saurait quoi faire au moindre besoin. Alors il était venu. Parce qu’à force de trop jouer on perd forcément tout. On perd son argent, son temps. Son âme. Mais ce n’est pas son âme qu’il a vendu au diable non. Il y avait plus simple que son âme, il y avait sa fille.

Lyra s’écrase au sol, les genoux d’abord puis la tête, plus lentement, comme pour s’incliner. Elle reste immobile une seconde, envoie son corps sur la gauche pour finalement s’écraser sur la droite puis elle se retourne de manière à être sur le dos. Une main en dôme sur son plexus, elle la lève un peu et son buste suis le mouvement. Une fois. Deux fois. Trois fois. Mais pas de quatrième fois. Elle reste au sol, inerte, le souffle coupé. Elle attend une seconde, deux, puis trois. À la quatrième elle roule et se relève. Alors qu’elle marche paresseusement en décrivant un arc de cercle, sa main vient frôler son cou pour l’enserrer de plus en plus fort jusqu’à ce qu’elle laisse son buste tomber en arrière avant que ses fesses ne touchent le sol. Mauvais souvenirs. Ils se faisaient plus nombreux à présent. Forcée d’aller habiter avec un mari de vingt ans son aîné, un mari gentil au premier abord, rassurant. Pourtant, lorsqu’elle n’avait pas voulu se plier à sa volonté le soir même, un coup à la tempe avait réussi à la mettre à terre. Lyra avait appris à tomber. Mais elle n’avait pas appris à ne ressentir aucune douleur, elle n’avait pas appris à soulager les plaisirs d’un homme ni même à feindre d’y trouver elle aussi une part de satisfaction. Premier coup d’une longue série. Mais ça s’arrangerait. Ça devait forcément s’arranger. Il s’était emporté, c’était de sa faute. Elle aurait dû s’y attendre être plus réactive. Cinq ans plus tard elle avait vingt ans et le quadruple d’hématomes sur l’entièreté de son corps sculpté de marbre. Elle avait failli mourir ce soir-là. Une bonne fois pour toutes. Elle aurait préféré. Elle était simplement sortie errer dans les rues avec son frère comme ils le faisaient lorsqu’ils n’étaient encore que des adolescents. Lorsqu’elle était rentrée seule, son mari n’avait pas aimé. Il avait cru qu’elle était partie le tromper. Il l’avait battue comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Il l’avait laissée là, étendue sur le sol, les yeux fixés au plafond à contempler la mort comme une vague connaissance que l’on est ravi de revoir. Mais la mort n’a pas voulu d’elle et elle a dû se débrouiller avec ses trois côtes cassées. Respirer, toujours, il fallait respirer. Un pas après l’autre et tout irait mieux. Ça allait s’arranger. Ça devait s’arranger.

La chanson était bientôt finie. Il fallait un final, un final était souvent explosif mais elle avait exprimé tant d’émotions les instants précédents. Il ne lui restait plus que la douleur de la perte d’un être cher. Alors le final serait lent, doux. Presque trop délicat, comme si elle n’osait le toucher que du bout des doigts. Assise à même le sol, elle replie ses jambes contre sa poitrine et laisse sa tête s’appuyer sur ses genoux, ses cheveux l’enveloppant dans une étreinte réconfortante. Un genou tombe au sol et sa tête se tourne vers le côté opposé comme pour nier cette nouvelle chute. Le second tombe à son tour et la revoilà au sol, tête tournée vers le ciel. Ses deux mains se portent à son ventre, le caressent durant une seconde, peut-être deux, elle se relève les jambes à plat sur le sol tandis qu’un sourire illumine son visage. Ses mains dansent sur son ventre, ses côtes, son dos, ses épaules. Puis un bras s’arrête et retombe tandis que l’autre se fait plus acharné, plus désespéré. Mais il finit par retomber lui aussi. Lyra jette un regard hagard à l’assemblée, perdue, ne sachant plus quoi faire. Ses mains viennent couvrir son visage, le bout des doigts juste sous ses yeux, elle les laisse glisser lentement alors que la musique s’arrête dans sa tête et que celle-ci retombe sur le sol. Les souvenirs toujours les souvenirs. Lyra étouffe mais essaie de ne pas le montrer. La mort de sa mère lui revient en mémoire, tableau douloureux qu’elle ne supporte toujours pas. Un père parti vivre sa vie ailleurs, loin. Un frère qui essayait de la soutenir mais qui ignorait tout de sa situation. Et l’arrivée d’un bébé. Un petit être. En elle. Elle n’en avait pas voulu mais n’avait rien tenté pour s’en débarrasser. Peut-être qu’il aurait été moins violent, plus attentionné. Peut-être qu’il aurait arrêté de la frapper. Mais elle ne le saura jamais. Pas encore du moins. Pas alors que, chutant dans les escaliers suite à une bousculade qui n’était pas dûe au hasard, une large tache sombre était venue souiller le plancher. Elle avait dû éponger. Elle avait dû nettoyer. Pleurant en silence sur ce qui aurait dû être son bébé. Son enfant. Son fils. Pleurant sur le sort de cet être vivant qu’elle aurait aimé plus que sa propre personne, ce petit être auquel elle aurait tout donné, pour qui elle aurait tout accepté. Un bébé. Son bébé.

Les applaudissements la sortent de ses souvenirs et la mécanique reprend sa place. Elle se relève, colle un sourire sur ses lèvres et salue son petit public avant de regarder l’intérieur de la caisse en bois déposée aux pieds des badauds. Quelques pièces qu’elle saura garder précieusement. Quelques pièces qui finiront un jour par s’accumuler pour qu’elle puisse s’échapper. Elle n’avait que la danse pour s’évader et, bientôt, elle se construirait ses propres ailes. Bientôt, elle pourrait être libre. Tout irait bien. Tout devait s’arranger. Les blessures étaient toujours là, à vif. Ne les voyaient-ils pas ? Comment pouvaient-ils ne pas voir son sourire vaciller à chaque seconde qui passait ? Le maquillage avait été légèrement effacé sur ses jambes, quelques bleus apparaissaient. Ses lèvres rougies par l’effort ne devaient sans doute pas laisser entrevoir sa légère blessure. Ses tempes lui faisaient un mal de chien mais le maquillage ne semblait pas s’être effacé autour de son oeil. Tant mieux. Elle n’avait pas besoin de leur sollicitude. Les passants ne feraient rien. Qu’est-ce qu’une femme battue, une femme malheureuse ? Personne. Il fallait continuer à essayer d’aller de l’avant, ne pas se retourner et se débrouiller seule. Lyra n’avait qu’elle-même sur qui compter. Même Liam n’était au courant de rien. Mentir était devenu une seconde nature. Quelques fois, elle craquait. Mais pas ce soir, ce soir elle restait droite, digne. Ce soir ça irait. Ça devait aller bien. Ne pas craquer.
Jamais.

« C’était super Madame ! » s’écrie une petite fille blonde comme les blés.

Lyra esquisse un sourire à l’adresse de la gamine avant de se redresser, sa boîte entre les mains. Il est temps de rentrer. Il était temps de retourner en enfer, là où sa place n’aurait jamais dû se trouver. Mais bientôt, elle s’en irait, elle se rendrait heureuse, elle se libérerait de l’emprise du démon.


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C'est quoi ton pseudo ? : Biket
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Comment trouves-tu ce petit forum ? : Grave moche  
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Codes du règlement : Y EN A PAS ENCORE Mais au pire c'est moi qui l'ait écrit donc fais pas chier e.e
Autre chose à dire ? : PASTÈQUE

(c) Biket
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Mar 31 Juil 2018 - 17:31
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Lun 3 Sep 2018 - 11:36
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